> PolyTIC > Axes de recherche > Axe 4 - Sociologie des usages : mobilité et haut débit

 

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Problématique générale de l’axe 4
Meryem Marzouki
Dernière mise à jour : 19 juillet 2005

Cet axe de recherche a pour objectif l’observation et l’analyse des pratiques des utilisateurs, ainsi que la mesure de l’acceptabilité et la facilité d’appropriation de la technique et des services innovants proposés dans le cadre d’une expérience de campus mobile. Il constitue le nécessaire volet d’accompagnement, en termes d’observation et d’analyse des pratiques des utilisateurs, d’une expérience de déploiement d’un réseau de communication sans fil IPv6 sur le campus de Jussieu. On aura noté que ce thème de recherche ne s’apparente pas aux trois premiers axes présentés. Cela s’explique par notre choix d’intégrer fortement au moins une partie de nos travaux dans le projet global du laboratoire d’appartenance.

Cet axe de travail est ainsi un sous-projet du projet InfRadio (Infosphère radio), labellisé et financé par le ministère de l’Industrie dans le cadre du programme RNRT (Réseau national de recherche en télécommunications). Ce projet, d’une durée de 30 mois (2003-2006), poursuit l’objectif global de concevoir et d’expérimenter de nouvelles organisations de réseaux sans fil s’intégrant dans les infrastructures privées ou les réseaux d’opérateurs. L’enjeu principal est de valider le déploiement et l’administration d’une sphère de communication, de dimension variable, spontanée, construite sur des routeurs radio maillés à base de technologie WLAN, dotée de politiques de sécurité adaptées. InfRadio vise le déploiement d’un démonstrateur sur un campus afin d’y expérimenter le développement de nouvelles applications et nouveaux services. Un volet fondamental du projet InfRadio est consacré à l’évaluation de l’appropriation de ce réseau expérimental par la population du campus, à travers l’observation des usages qu’elle en fera. Le projet comprend comme autres partenaires l’équipe Réseaux et performances du LIP6, l’Université Paris VI, l’ENST (École nationale supérieure des télécommunications, Paris), ainsi que les sociétés Thalès, 6WIND, Eona et QoSMOS. Ces partenaires sont impliqués dans d’autres sous-projets, à vocation de développements techniques. L’ENST participe avec nous au sous-projet Usages, dont nous avons la responsabilité administrative et scientifique et auquel ont contribué à ce jour trois étudiants que nous avons encadrés.

Le nomadisme et la combinaison fixe/mobile suscitent en effet beaucoup d’espoirs, à la fois du point de vue des utilisateurs (« envies d’usages ») et des fournisseurs de services applicatifs. Ces derniers voient là les moyens de diffuser des applications et services innovants en direction d’un large public. Dans tous les cas, la plus-value sociale ou économique attendue est importante. Dans le contexte du projet InfRadio, le sous-projet « observation des usages et évaluation » a pour objectif de mesurer l’acceptabilité et la facilité d’appropriation de la technique et des services innovants proposés.

Dans une première phase, avant déploiement de la plate-forme de connexion sans fil, nous avons mené plusieurs enquêtes de terrain pour établir une sociographie du campus. Cela nous a permis à la fois de constituer un référentiel pour les enquêtes subséquentes, de fournir des recommandations aux autres sous-projets, principalement en termes de localisation des bornes de connexion et de données utiles à une conception « orientée usages » des applications nomades et/ou mobiles, et de cerner les objectifs des « offreurs » d’applications et de services destinés aux usagers du campus. Il s’agit principalement des applications pédagogiques (formation à distance) et administratives proposées par l’Université Paris VI à ses étudiants et personnels.

La méthodologie suivie pour le recueil des données expérimentales en vue de l’analyse des usages comprend des enquêtes à base de questionnaire visant l’ensemble de la population du campus, des entretiens qualitatifs approfondis, des observations en situation réelle et sera complétée dans la deuxième phase par des analyses de traces informatiques (« logs » de connexion). Plus précisément, l’analyse des pratiques vise en particulier à l’identification des besoins et des attentes des utilisateurs spécifiques au projet. Elle doit aussi permettre l’évaluation de l’adéquation des solutions proposées aux besoins des utilisateurs, l’observation des modes d’appropriation des techniques innovantes, de leurs usages effectifs et de leurs éventuels détournements vers des usages non prescrits, l’analyse des effets de la migration de certains services disponibles sur des postes fixes ou des supports localisés vers des supports mobiles et l’identification d’usages spécifiques à la mobilité.

La sociographie du campus que nous avons réalisée permet de connaître les modes de communication, les pratiques d’accès à l’information et le niveau de mobilité et nomadisme des populations enseignante et étudiante et autres personnels travaillant dans les locaux de Paris VI, de permettre de dégager des hypothèses sur les différentes catégories de profils utilisateurs et leurs besoins, d’identifier un groupe témoin en vue de l’expérimentation.

Dans une deuxième phase, une fois l’infrastructure de réseau sans fil déployée, nous procèderons, à l’aide d’entretiens individuels, d’analyse de traces et d’observations de terrain, d’une part à une analyse des pratiques et comportements des utilisateurs (avec notamment un repérage de détournements des usages prescrits et une modélisation des comportements des usagers), et d’autre part à une évaluation des services et applications offerts. L’objectif sera alors de permettre un certain nombre d’itérations dans le processus de développement d’applications et de services innovants, afin d’intégrer le plus possible les utilisateurs dans ce processus, à travers l’identification et le suivi d’un groupe témoin.

La troisième phase prévoit une comparaison de cette expérience sur le campus Jussieu avec la même expérience menée au sein l’ENST. Nous avons pris soin dès le départ de définir le même protocole d’enquête sur les deux sites, en collaboration avec des chercheurs de l’ENST. Enfin, nous tenterons de dégager les externalités possibles de l’expérience, en vue de sa reproductibilité dans d’autres environnements plus hétérogènes qu’un campus universitaire. Ces résultats sont spécialement attendus par les membres du « club d’utilisateurs » associé au projet, principalement des représentants de collectivités territoriales.

Un rapport de recherche détaille les résultats de la première phase de ces travaux (cf. liste de publications).

 

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